La taupe, de John Le Carré. À suivre.

Je veux d’abord écrire seulement sur ce livre. Uniquement le livre. Parce que je n’y ai rien compris. Et pourtant j’ai aimé.

C’est une étrange expérience que de lire des dizaines de pages tout en ne sachant absolument pas de quoi il est question, où on est, ce que l’on fait, bref de quoi il s’agit. Heureusement, comme la plupart de mes proches croient que je comprends ce que je lis, aucun ne m’a demandé: qu’est-ce que ça raconte, en ce moment? Question par ailleurs tout à fait déplacée de manière générale – surtout à ne pas poser aux pauvres enfants dans l’espoir de leur faire réciter le livre comme une leçon bien apprise.

Mais je n’y voyais goutte. J’avais adoré le premier chapitre; les 130 pages suivantes, portant sur le monde du renseignement, me firent l’effet d’un jour de pluie et de brouillard. J’avoue qu’en partie je les lus dans l’espoir de retrouver les personnages et les lieux du premier chapitre – ce qui eut lieu, au bout de 130 pages. Mais en vérité, quel stupéfiant jour de pluie et de brouillard!

Même si je n’ai pas retrouvé tous mes esprits – j’ai lu le livre car je savais que le film était compliqué, et maintenant je vais aller voir le film alors que je n’ai rien compris au livre –, j’ai distingué, au travers de mon étourdissante myopie, quelques raisons à ma fascination:

– L’écriture est puissante, parfois poétique, évoquant l’indicible, toujours sobre, et Le Carré porte un amour aux personnages, même les plus déroutants, qui nous fait aimer l’humanité. Son héros (je ne vous dis pas son nom pour une raison que je ne peux pas vous dire ici) est déroutant et c’est un très beau héros. C’est déjà une raison suffisante.

– Le livre porte sur le monde du renseignement dans les années 1960-1970 (il est écrit en 1974), au moment de la guerre froide, dans ce drôle de monde dans lequel un monde en cachait alors un autre. L’auteur a travaillé dans ce milieu professionnel et diplomatique, qu’il connaît de l’intérieur et qu’il évoque avec un vocabulaire (traduit, en 1974, et non retraduit depuis) qui accumule l’argot du métier et les allusions humoristiques, sans doute très britanniques.

Mais est-ce que tout, d’une lecture, est dicible? Je crois que la sensation de cette lecture, même si j’ai eu des moments de découragement – à la fin le brouillard se dissipe un peu – , m’a tant plu que je vais non seulement aller voir le film mais aussi lire la suite de la trilogie.

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