Écrire c’est danser, suite.

Sculpter, c’était ainsi que mon maître de théâtre qualifiait la création de notre personnage: lui donner une histoire, parfois un secret – ne le dire à quiconque, pas de fuites – et, retravaillant inlassablement la scène, ôter.

Comme s’il s’était brûlé, il nous interrompait immédiatement lorsqu’un infime geste de la main, de nos doigts, nous échappait pour, croyions-nous, renforcer notre propos; lorsque nous appuyions l’intonation, d’une mesure que nous pensions imperceptible voire parlante. Ne pas être parlant. Laisser parler – le texte, l’émotion que l’on trouve puis travaille à faire jaillir de nous. L’esprit du spectateur.

Notre puissance en devenait plus grande, tenait dans notre seule posture, dans l’émotion que nous avions cherchée, contenue dans la stature, la voix. Être juste dans l’émotion, sobre dans la présence. Être avec densité.
Créer c’est ôter, disait-il.

Rebond 1 @monterosato

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