Uchronie.

Une maladie des bronches ou un genre de mélancholie…? Un cocktail détonnant? Une ancienne colonie…?

Le u d’u-topie (non-lieu, un lieu, topos, qui n’existe pas), terme inventé par Rabelais, adjoint au temps (chronos): une uchronie est une histoire se déroulant dans un temps imaginaire.

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Grébiche et colophon.

Connaissez-vous Les aventures de Grébiche et Colophon? La petite girafe et l’éléphanteau mignon?

Eh bien, ça n’existe pas (encore).

Ou seulement dans les livres, au début ou à la fin de tous les livres.

La grébiche est le nom d’imprimeur, dont l’insertion est obligatoire pour les impressions diffusées dans le public (ouvrages d’édition, affiches et tracts). À l’origine, les grébiches sont des objets de maroquinerie, ces petits rectangles de métal utilisés sur les bords et sur les coins du cuir.

Le colophon est la note finale d’un ouvrage de luxe indiquant ses principales caractéristiques. Elle comporte la justification de tirage et l’achevé d’imprimé. En grec, colophon, c’est le faîte d’un toit, ou l’achèvement d’une oeuvre.

Esperluète!

Si l’on veut déstabiliser son adversaire à la manière du Capitaine Haddock, on peut toujours le traiter d’esperluète. Ce mot ressemble fort à un nom d’oiseau, mais c’est tout simplement le mot qui désigne le et commercial: le « & », c’est l’esperluète!

L’origine est jolie: en récitant leur alphabet, les enfants terminaient par ce signe, nommé alors « ète » (« et » en latin, sans doute). Pour jouer et rimer, ils ajoutaient le finale « perluète! » ou encore « esperluète! », ce qui devait donner à peu près ceci:

« … ixe,

i grec,

zède,

ète,

esperluète! »

Amphigouri.

Rencontré dans un Woody Allen, Anything Else (2003): traduction, « on pourrait aller voir ce… comédien faire étalage de ses amphigouris » (il est jaloux bien sûr). Un amphigouri est un discours ou un écrit burlesque, volontairement obscur ou incompréhensible (pour WAllen, ce n’est pas volontaire…). On dit « sans amphigouris » pour dire « sans détours », l’équivalent de cet écriteau qui annonçait à l’entrée du magasin: « Ici, pas de blabla ». C’est drôle et c’est joli, n’est-ce pas?

Miscellanées.

Miscellanea, « choses mêlées » : les miscellanées sont un mélange de textes divers. Le mot est toujours au pluriel. C’est beau ! Et rarement utilisé, plutôt pour qualifier divers textes autour d’un thème commun : titres d’éditions populaires, « les miscellanées provençales », « les miscellanées du rock » ou « de l’économie »… Les blogs présentent pourtant parfois de jolies miscellanées. Dans son billet du jour, Pierre Assouline l’utilise pour qualifier une partie de l’oeuvre de Borges – le volume II édité dans la Pléiade. Et si l’on se laissait aller à écrire les textes qui nous viennent, librement, qui plus tard formeraient des miscellanées ?

Pacotille !

Non, non, ce n’est pas une suprême injure, c’est juste un mot joli. De la pacotille, cela qualifie aujourd’hui quelque chose de piètre qualité, mais au départ, il s’agit des marchandises qui, sur un navire, sont apportées par quelqu’un de l’équipage ou un passager et donc qui ne paie pas de frêt (peut-être à l’origine un petit  » paquet « . Ensuite, cela a désigné les marchandises échangées outre-mer, puis des objets de petite valeur, comme ce que Tintin apporte aux Africains dans le très colonialiste Tintin au Congo. Mais au fait, ai-je inventé cet épisode ? J’ai beau parcourir les planches de Hergé, je n’en vois pas la moindre image, pourtant fixée à ma mémoire. Souvenirs de pacotille ?

Dulcinée.

C’est toujours avec un peu d’ironie que l’on évoque la dulcinée de quelqu’un… Dulcinée est d’abord la douce (dulce) femme à laquelle Don Quichotte dédie sa quête. Durant son voyage, il rêve activement à elle et brode avec bonheur sur sa beauté et ses vertus. Et déjà, il est moqué par son valet Sancho Panza…