Anna la douce, de Dezsö Kosztolányi.

Début du 20e siècle à Budapest, la bonne, Anna, entre dans une nouvelle maison, va devenir une domestique acharnée au travail, la maîtresse muette du maître de maison, et sa meurtrière – toujours avec la même acceptation, la même douceur, comme si son geste n’était que l’aboutissement d’une logique qui la dépasse. Un livre de l’un des auteurs hongrois les plus intéressants de cette capitale des années 1910 entre innovation littéraire et scientifique (Vienne et Freud ne sont pas loin). Le rapprochement avec La porte, de Szabo, est étonnant à faire – deux approches très lucides, psychologiques et sociales fines, des interactions entre deux mondes, celui de la bourgeoisie et celui des domestiques, qui, peut-être, ne se rencontrent jamais vraiment.

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