The Commitments, The Snapper, et The Van, de Roddy Doyle.

Si  vous avez une panne de lecture ou si vous êtes un peu tristounet… relancez-vous avec l’un des romans ou même avec la totalité de la trilogie de Barrytown, localité imaginaire de la banlieue de Dublin ! Ce sont des livres faciles à lire, tendres et drôles (surtout The Snapper, que l’on pourrait traduire par Le moutard, le lardon ou le mioche), qui, sans avoir l’air de rien, au fil des aventures apparemment banales de la famille Rabbitte, vous apprennent une foule de choses sur la société populaire irlandaise. Ces romans, parus entre 1987 et 1991, ont été très importants pour les Irlandais qui ont commencé alors à se voir eux-mêmes avec davantage d’intérêt (au même moment, l’économie irlandaise décollait et transformait aussi le regard des Irlandais sur eux-mêmes), à considérer qu’ils ne sont pas  » sans culture  » mais qu’ils ont, y compris au sein des classes populaires, une identité digne d’intérêt – en grande partie fondée sur un humour bien particulier, l’art de raconter et d’être ensemble. Les trois volumes ont été mis en scène au cinéma, par Alan Parker puis par Stephen Frears.

Publicités

A l’irlandaise, de Joseph O’Connor.

C’est le journal, dédié à sa fille qui se trouve dans le coma depuis une agression, d’un homme qui revient sur sa vie, médiocre et douloureuse, qui sombre dans l’alcool et abîme sa famille avec lui. Imprégné de culpabilité et d’amour, il l’est aussi de vengeance à partir du moment où sa fille ne se réveille plus de l’attaque dont elle a été victime, et met en place un plan méticuleux pour tuer le coupable. Le livre est l’histoire de sa vie qui s’enlise dans la solitude jusqu’à l’extrême, et rebondit sur cette vengeance. La dureté de l’écriture, qui prend l’exact même chemin que le parcours du narrateur, mène le lecteur jusqu’à l’insupportable; c’est à ce moment que l’auteur, l’un des grands écrivains irlandais contemporains (frère de la chanteuse Sinéad O’Connor), montre la beauté de son écriture, qui réside ici non dans la ciselure visible du texte mais dans le parcours qu’il décrit de ses personnages et qu’il fait faire à son lecteur. (1998)

L’archiviste de Dublin, de Flann O’Brien.

C’est un roman loufoque et aimable, un rien suranné… avec une liberté qui fait penser à la Nouvelle Vague du cinéma des années 1960 (le roman date de 1964). Des rencontres surprenantes, des dialogues légers et brillants, un héros un rien désespéré, tout ceci sans gravité… La traduction de Patrick Reumaux est très bonne, ce qui est sans doute une prouesse. Mais au fait, qui est l’archiviste de Dublin? C’est ce qu’il ne faut surtout pas dire ici…