The Commitments, The Snapper, et The Van, de Roddy Doyle.

Si  vous avez une panne de lecture ou si vous êtes un peu tristounet… relancez-vous avec l’un des romans ou même avec la totalité de la trilogie de Barrytown, localité imaginaire de la banlieue de Dublin ! Ce sont des livres faciles à lire, tendres et drôles (surtout The Snapper, que l’on pourrait traduire par Le moutard, le lardon ou le mioche), qui, sans avoir l’air de rien, au fil des aventures apparemment banales de la famille Rabbitte, vous apprennent une foule de choses sur la société populaire irlandaise. Ces romans, parus entre 1987 et 1991, ont été très importants pour les Irlandais qui ont commencé alors à se voir eux-mêmes avec davantage d’intérêt (au même moment, l’économie irlandaise décollait et transformait aussi le regard des Irlandais sur eux-mêmes), à considérer qu’ils ne sont pas  » sans culture  » mais qu’ils ont, y compris au sein des classes populaires, une identité digne d’intérêt – en grande partie fondée sur un humour bien particulier, l’art de raconter et d’être ensemble. Les trois volumes ont été mis en scène au cinéma, par Alan Parker puis par Stephen Frears.

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Les petits riens, de Elisabeth Brami et Philippe Bertrand.

Oh comme il est doux ce petit livre… où l’on énumère les petits riens, « qui font du bien et qui ne coûtent rien »…  Les  petits gestes que l’on fait pour se faire plaisir, pour se faire rire: accrocher des cerises à ses oreilles, sentir l’odeur de brioche du matin, pointer son pied en dehors de la couette pour savourer d’être bien au chaud… Tout ce qui nous fait nous régaler de la journée. C’est un très joli album, qui n’a pas pris une ride (les adultes l’adorent!), à lire dans un câlin. Et pourquoi pas, on peut ensuite le refermer et trouver ensemble d’autres petits riens… On peut aussi aller chercher la suite, qui s’appelle Les petits délices. (1995)

Echos – le rire des enfants.

  • Et si l’on s’intéressait au rire chez les enfants? Leur humour évolue selon les apprentissages cognitifs et sociaux. Les enfants riraient entre 150 et 400 fois par jour. En grandissant, ils sont de plus en plus influencés par les médias (télévision, cinéma, Bd… et pourquoi ne pas citer les livres? Harry Potter véhicule beaucoup d’humour). Peu à peu, le fait de ne pas rire de tout intervient comme un signe de croissance à leurs propres yeux. Et si le rire des enfants pourrait-il être pour les adultes un (ré)apprentissage d’une certaine sociabilité? Très peu d’ouvrage concernent le sujet du rire chez les enfants, alors que celui-ci est presque un objet de culte (des pages Facebook lui sont consacrées par exemple). (Le Temps du 10 septembre 2011, en ligne pour les seuls abonnés)

Le traducteur cleptomane, de Deszö Kosztolányi.

Le petit livre est un bijou – même si les bijoux disparaissent, volés par un traducteur bien mal éduqué. Une série de nouvelles toutes plus hilarantes les unes que les autres, par leur style d’humour retenu et par l’imagination délirante, baroque, qui les compose en un monde merveilleux et poétique. My favourite, « Le contrôleur bulgare », ou la nuit d’un voyageur étranglé par les conventions face à la logorrhée incompréhensible d’un contrôleur émotif, dont il change la vie en quelques onomatopées informes. La Hongrie de ces années du début du 20esiècle est déjà alors une place littéraire et Kosztolányi, un grand auteur…

La Vierge Froide et autres racontars, de Jorn Riel.

Des récits évoquant avec la tendresse et la simplicité de Steinbeck (Tendre Jeudi, Tortilla flat) quelques épisodes de la vie des chasseurs dans le Groenland inhabité. Burlesque, hilarant, Jorn Riel, Danois qui a vécu vingt ans dans le grand Nord, réussit à aborder des thèmes aussi fondamentaux, et pas que pour rire, que sont l’histoire, la mort, l’amour… La poésie râpeuse de ces histoires drôles d’hommes solitaires est étonnamment délicate. Ce petit livre n’est que le premier d’une très jolie série… À lire pour retrouver son rire et son humanité.