La nuit des calligraphes, de Yasmine Ghata.

Dans l’Istanbul du 20e siècle, une femme devient calligraphe, inspirée de la grand-mère de Yasmine Ghata dont c’est le premier roman. C’est un récit qui coule bien, et surtout l’occasion de comprendre le monde de la calligraphie turque, coupé de l’Arabe et de dieu en 1928 par Mustafa Kemal qui lui interdit ces deux sources essentielles – on y revient durant la deuxième guerre mondiale.
Comment la calligraphie est une passion et une mystique. Avec un amusant personnage d’Albanais, un méchant bien sûr.

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Un long été à Istanbul, de Nedim Gürsel.

C’est peu après mars 1971 et la terreur que font régner les militaires en Turquie sur les groupes d’extrême-gauche, pour reprendre en main le pouvoir politique (comme c’est le cas à plusieurs reprises dans l’histoire récente de la Turquie) que Nedim Gürsel, qui vit maintenant à Paris où il enseigne en littérature comparée, écrit ce texte très auto-biographique. Un très fort texte, qui fait sentir de manière très intérieure le cloaque et la perdition auxquels ont mené les poursuites et la torture, pour cette poignée de militants qui s’en retrouvent éloignés les uns des autres, chacun dans leur douleur.
Les responsables des tortures et des morts de 1971 n’ont jamais été jugés (Cette page militante d’une association de migrants turcs en donne une idée).

D’autres très belles nouvelles figurent dans le volume, abordant avec intuition les arcanes de l’enfance, des liens au sein de la famille.